Tandis que des grandes fenêtres de la chambre de parade le regard se perd au lointain dans les verts tendres et familiers du bocage normand, à l’intérieur, le visiteur du XXIe siècle est transporté en Italie et dans l’art de vivre propre aux grands aristocrates de l’Ancien régime.
Cela est permis par une restitution résolument immersive, comme le Centre des monuments nationaux l’a déjà fait à l’Hôtel de la Marine à Paris ou aux châteaux de Bussy-Rabutin et de Rambouillet. Très peu d’éléments muséographiques perturbent l’illusion de ce voyage dans le temps. Tout juste quelques chardons séchés indiquent-ils subtilement de ne pas s’asseoir sur les fauteuils…
Dans l’antichambre par laquelle le visiteur commencera sa visite, les sièges alignés témoignent de la fonction d’attente de cette salle ; dans la chambre de parade, une table est dressée et quelques bouteilles n’attendent plus que les hôtes du comte. Même les vases sont garnis de fleurs ! Enfin, les somptueux lustres (dont un est daté de 1687), qui sont la seule source de lumière avec les fenêtres et quelques flambeaux portatifs, donnent à cet espace une ambiance feutrée qui fait toute sa poésie.
Le remeublement complet qui redonne vie à ce lieu s’est attaché à respecter les inventaires, l’authenticité des matières historiques et la densité des collections. Une mise en ambiance olfactive et sonore de ces espaces est aussi actuellement à l’étude.